Blu-ray État de Guerre : Interview de Renny Harlin !

À l’occasion de la sortie du Blu-ray en France d’État de Guerre, j’ai eu la chance et l’honneur de poser quelques questions à Renny Harlin, réalisateur du film.

Comment êtes-vous arrivé sur ce projet et qu’est-ce qui vous a décidé à réaliser ce film ?
RH. Je pense que tout réalisateur rêve de faire un film de guerre. En outre, j’ai immédiatement été attiré par celui-ci parce que, contrairement à beaucoup d’autres films de guerre, cette histoire est basée sur des faits réels et est narrée du point de vue d’un correspondant de guerre. Je pense que ce genre de films est encore plus efficace et permet aux spectateurs de s’identifier davantage aux personnages lorsque la narration se fait du point de vue d’un civil au lieu de celui d’un soldat. Alors que je suis connu à Hollywood pour réaliser des films d’action très commerciaux, travailler à l’écart du système des grands studios et raconter une histoire sur la souffrance humaine fut une parenthèse rafraîchissante pour moi. Ce film offre évidemment de l’action comme n’importe quelle autre superproduction d’été, mais j’espère que le public apprendra aussi quelque chose en regardant ce film. Des guerres et conflits font rage partout dans le monde tous les jours et ils reçoivent rarement une attention ou une couverture médiatique internationale suffisante.

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Avez-vous appris quelque chose de nouveau durant le tournage de ce film ? Quel est votre meilleur et votre pire souvenir de tournage ?
RH. J’apprends beaucoup de chaque film que je réalise parce que j’ai eu la chance de pouvoir faire des films sur tant de sujets différents. Pour chaque film, je fais des recherches approfondies afin de rendre le tout, que ce soient les lieux ou les personnages, aussi réaliste que possible de manière à ce que le public soit totalement submergé dans l’histoire. Dans le cas de État de guerre, la situation était très particulière. J’ai tourné en Géorgie l’ensemble du film parlant d’évènements réels en marge du conflit entre la Russie et la Géorgie qui s’est déroulé à peine un an avant le tournage du film sur place. C’était surréaliste. Les cicatrices physiques et émotionnelles laissées par le conflit étaient toujours perceptibles. C’est une expérience qui m’a marqué pour la vie. Le pays nous a vraiment accueillis avec les plus grands égards. Ils étaient tellement heureux que nous soyons là pour raconter cette histoire au grand public.

Parlez-nous un peu de l’excellent casting que vous avez réuni…
RH. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir rassembler un tel casting pour ce film. En ce qui concerne le rôle de Heather Graham, j’aime induire le public en erreur avec mon choix d’acteurs. Dès le début vous voyez un visage que vous connaissez et vous pensez qu’il va faire partie de l’histoire du début à la fin. Mais, à l’instar du personnage de Samuel L. Jackson dans Peur bleue et du personnage de Christian Slater dans Profession profiler, Heather disparaît très vite de l’écran. Il était important que mes acteurs soient crédibles. Par conséquent, j’ai choisi Rupert Friend pour le rôle principal de correspondant de guerre. C’est un grand acteur, mais moins connu du public international. Je ne voulais pas choisir quelqu’un que le public verrait immédiatement comme un acteur jouant un rôle. Je voulais qu’il croit Rupert et le suive dans ses tribulations. J’ai vraiment eu de la veine de trouver Richard Coyle. C’est un acteur anglais incroyable avec une énorme présence. Je connaissais son travail dans Six sexy – Coupling. Je pense qu’il forme avec Rupert une équipe très crédible. J’ai choisi Emmanuelle Chriqui dans le rôle de la fille géorgienne qu’ils aident, parce que les femmes géorgiennes sont très belles et fortes et qu’Emmanuelle correspondait parfaitement au personnage. Elle n’a pas seulement l’air d’être géorgienne, mais elle a aussi un don extraordinaire pour apprendre les langues. Jonathon Schaech est un autre acteur américain qui incarne un Géorgien. Il était très crédible dans son rôle et il a travaillé d’arrache-pied avec l’armée géorgienne afin d’apprendre toutes les attitudes et tous les gestes pour incarner un vrai capitaine de l’armée géorgienne. Dean Cain, qui est un très bon ami, jouait le rôle de conseiller du président. Son personnage est basé sur un personnage réel, proche collaborateur du président. Val Kilmer, un autre ami de longue date, est venu nous rejoindre. J’aime Val. On ne sait jamais à quoi s’attendre en travaillant avec lui. Il est très créatif et a beaucoup d’idées. Par conséquent, on ne s’ennuie jamais quand il est sur le plateau. Mikko Mousiainen joue le rôle du mercenaire dans le film. Il est finlandais, comme moi. Il est très connu en Finlande et j’étais très excité à l’idée de tourner avec lui. Bien qu’il joue le rôle d’un bandit sans pitié, le public l’apprécie beaucoup. Ensuite, Andy Garcia a accepté de jouer le rôle du président géorgien Mikheil Saakashvili, ce qui était très excitant pour tout le monde parce qu’il n’est pas seulement un acteur reconnu et très doué, mais il ressemble beaucoup au vrai président… (Et le président est un grand fan !) Je pense que tous les acteurs avaient des intérêts similaires… Ils étaient tous émus par cette histoire, voulaient faire ce film pour les bonnes raisons et ils se sont tous dévoués corps et âme pour faire réussir le projet.

Le film vient juste de sortir aux Etats-Unis au cinéma. Regardez-vous le succès commercial, le nombre d’entrées ou les critiques publiées ?
RH. Oui. Le film est sorti à New-York et Washington, le 19 août et il sortira à Los Angeles et Chicago, le 2 septembre. C’est une sortie indépendante par Anchor Bay Films aux Etats-Unis. Evidemment, on souhaite toujours que ses films aient du succès, soient bien accueillis et vus par le public… Mais ce film ne sort que dans 4.000 salles et il ne faut donc pas le comparer au succès remporté par des films projeté à une grande échelle. J’espère que le public décidera lui-même quel film il choisit d’aller voir.

En France, il sort directement en vidéo. Est-ce une déception pour vous ?
RH. De nouveau, il s’agit d’une sortie indépendante, ce qui veut dire que chaque région choisit ce qu’il veut faire du film. La commercialisation d’un film coûte très cher et la guerre n’est pas un sujet populaire à notre époque. En tant que réalisateur, vous voulez toujours voir vos films sur grand écran, mais le monde de la distribution évolue rapidement et on doit le comprendre. Bientôt l’internet deviendra un moyen viable de distribuer de nombreux films.

Que pensez-vous de la 3D et de l’engouement pour la 3D ? Cela vous tenterait-il de réaliser un film en 3D ?
RH. Certains films sont énormément mis en valeur par la diffusion en 3D, mais d’autres pas. Je pense que la conversion de 2D en 3D en post-production est une erreur pour beaucoup de films d’action. J’ai étudié le tournage de films en 3D avec beaucoup d’intérêt. Avatar a de magnifiques scènes en 3D. La différence est qu’Avatar a été tourné en 3D. Chaque image tournée était mise en scène pour la visionner en 3D, en plus de la 2D. Je pense qu’il y a une différence énorme entre ces deux manières de faire de la 3D. Je ferai un film en 3D si les conditions sont bonnes.

Avez-vous supervisé le transfert sur Blu-ray d’État de Guerre ?
RH. J’essaie de m’impliquer dans l’ensemble du processus pour tous mes films.

Regardez-vous les Blu-ray de vos films ? Que pensez-vous de leur qualité ?
RH. Je suis un grand fan de Blu-ray et je pense que la qualité est effectivement largement supérieure.

Êtes-vous un consommateur de Blu-ray Disc en général ?
RH. Oui. Maintenant, quand j’achète des films, je préfère le Blu-ray au dvd.

Comment pourriez-vous présenter le film afin de donner envie à mes lecteurs d’acheter le Blu-ray ?
RH. Je dirais que… État de Guerre est un regard sur l’humanité à partir de différents points de vue du conflit russe/géorgien de 2008. Ce film n’est pas antirusse ou pro-géorgien, il est anti-guerre et pro-vérité. Des guerres comme celle-là se déroulent tous les jours, dans la quasi ou totale indifférence du reste du monde. Ceci est une histoire d’humanité et de vérité… vue à travers les yeux des correspondants de guerre qui risquent leur vie tous les jours afin de nous livrer des infos. Ceci est une fiction, basée sur des faits réels et des personnages réels et, en plus des très nombreuses scènes d’action afin de divertir le public féru du genre, j’espère que vous aurez appris et ressenti quelque chose après avoir vu le film.

Vous êtes pour moi l’un des meilleurs réalisateurs. J’adore surtout 3 titres de votre filmographie : Cliffhanger, 58 Minutes pour vivre et Au revoir à Jamais ; des films qui ont bercé mon adolescence. A quand votre vrai prochain blockbuster d’action ?
RH. Étant donné que je suis intéressé par beaucoup de sujets, j’ai plusieurs projets en cours. Il y a des films de petite envergure et des plus grands. Je suis également en train de développer plusieurs projets pour la télévision. Les rumeurs circulant quant à la réalisation d’une suite d’Au revoir à Jamais sont vraies. Samuel L. Jackson sera de la partie et donnera de nouveau vie au personnage de Mitch Henessey ! Toutefois, nous n’avons pas encore de scénario, ce ne sera donc pas mon prochain film. Je viens d’engager un scénariste incroyable qui s’appelle Ben Watkins avec qui j’ai travaillé récemment lors de la réalisation d’un épisode de la série populaire Burn Notice. Il est un des scénaristes et producteurs de la série. Donc, l’idée poursuit son petit bonhomme de chemin. J’ai aussi pris une option sur un livre intitulé « Master of War », écrit par Suzanne Simons. Ce livre est basé sur l’histoire de la vie d’Erik Prince, le fondateur de Blackwater. C’est aussi un projet sur lequel je travaille à l’heure actuelle. Il s’agira d’une aventure-action de grande envergure.

Un très grand merci à Renny Harlin, à Nikki Stanghetti, à Miriam Raccah et à Entertainment One pour cette interview – Cédric // www.blurayenfrancais.com

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